Comment ne jamais être déçu d’une compétition… Retour sur le demi-marathon de Blainville

S’inscrire à une course officielle, c’est un excellent moyen pour se garder motivé pour plusieurs semaines d’entraînement. Le jour J dans la mire, c’est le moment de se préparer.

Si ce n’est pas la première fois que le coureur complète la distance, il est fort probable qu’il tentera d’établir un record personnel, c’est-à-dire d’essayer de compléter la même distance, mais plus rapidement.

Si le corps (et votre mental!) est en parfaite santé et que votre emploi du temps vous le permet, pourquoi pas? C’est un objectif tout à fait légitime. Il suffit de faire attention de ne pas tomber dans le piège; la  réussite de votre course ne doit pas dépendre uniquement d’un temps.

Il existe de nombreux objectifs connexes qui peuvent déterminer une réussite. Ils doivent aussi guider vos entraînements.

Dimanche dernier, j’ai fait le demi-marathon de Blainville. C’est pour cette course que j’ai dédié mon entraînement de l’été. Il s’agissait d’un événement spécial pour moi, car il marquait une année depuis ma chirurgie!

Comme je suis en santé et remise physiquement, j’avais bien sûr l’intention de compléter la distance plus rapidement qu’en juin dernier, lors du demi-marathon des pompiers.

Cependant, je dois composer avec une tannante anémie. Ça veut dire qu’il y a des jours où je suis nettement plus fatiguée. Et si une de ces journées tombait exactement le jour de ma compétition? Eh bien, je m’étais préparée. J’avais plusieurs choses à atteindre lors de cette course, pas seulement un temps précis.

Tout d’abord, je désirais réellement recommencer à compléter mes compétitions en «negative split». Cela signifie de courir la première moitié de la distance plus lentement que la deuxième portion. Courir de cette façon démontre un bon contrôle de son énergie et permet d’éviter les départs trop rapides. Lorsque je cours de cette façon, je sens que je suis vraiment à l’écoute de mes capacités! C’est peut-être conservateur comme méthode, mais ça me permet d’être zen et de ne pas laisser la fébrilité du départ prendre le meilleur de moi. Cet objectif a guidé quelques-uns de mes entraînements de volumes. Puisque ces entraînements se sont bien déroulés, j’avais confiance dimanche dernier et j’ai réussi à faire un split négatif, hourra!

J’ai un estomac assez sensible. Je fais beaucoup de reflux et malheureusement, la course à pied, avec son rebond constant, est un facteur qui y contribue, surtout lors des courses de plus d’une heure. J’ai vraiment la hantise d’être malade et lorsque les reflux sont présents, je suis vite prise de nausées. Ça me fait un peu paniquer et à ce moment, je préfère marcher. Mon but lors de cette course était de ne pas céder à la panique. La vérité, c’est que je ne serais pas malade. C’est juste ma tête qui fait des histoires! Je suis assez tolérante à la douleur physique, mais l’ombre d’un mal de coeur et me voilà une vraie mauviette. J’ai donc profité de ma lecture de «Running with the mind of meditation». J’ai respiré. J’ai écouté mon souffle. Je l’ai écouté tout le long de ma course. Pas de musique, peu de coureurs, peu de spectateurs… moi, mes souliers, la pluie qui tombe. J’ai posé mes pensées sur autre chose que mon inconfort. J’ai ralenti un peu le pas pour permettre à mon estomac de se stabiliser. Je me suis trouvée chanceuse de pouvoir profiter de ce décor fabuleux. Le parcours emprunte la piste cyclable du P’tit train du Nord. Couvert d’arbres, avec l’odeur de la pluie automnale et le calme plat, j’ai adoré ma «promenade» dans cette partie de la ville de Blainville. Ainsi, je n’ai pas laissé ma peur m’envahir. Le mal de coeur a passé! C’est un scénario très différent de mon dernier demi-marathon, où ma peur des nausées m’a nettement rendu moins heureuse pour un bon 10 kilomètres.

Cet été, pour contrer les reflux, j’ai préféré courir l’après-midi. Le matin et l’estomac peu actif semble une mauvaise combinaison pour moi. J’ai fait des courses matinales, mais j’ai toujours eu des difficultés, surtout lorsque le kilométrage augmentait. Garder mon zen dans ce genre d’inconfort signifiait un bon défi pour moi et c’était bien plus important qu’un temps. Si courir, un sport que j’adore, devait s’associer à un des trucs que je déteste le plus, le mal de coeur? D’avoir réussi à contrôler mon anxiété et de mettre mes pensées ailleurs, c’est ce dont je suis le plus fière de ma compétition. C’est une réelle victoire, qui signifie que même si mon estomac ne s’est toujours pas complètement remis d’avoir partagé son espace avec une grosse bosse pendant deux ans, ma tête elle, est devenue plus forte. Hourra!

La pluie peut représenter un réel défi en soi: c’est inconfortable, les vêtements deviennent lourds, la vue est embrouillée, les pieds sont tout mouillés… Pour ma part, je m’entraîne aussi sous la pluie, je n’étais donc pas tellement influencée par ce genre de température. Si c’était une tempête hivernale toutefois… iiiiiiiii! J’aurais été beaucoup plus chialeuse 😉 À chacun son poison!

Pour les curieux, oui, j’ai réussi un record personnel par rapport à la Course des Pompiers. D’environ 11 minutes (mon temps officiel de dimanche est 2:09:05)! Il faut dire que je suis nettement en meilleure forme. En juin dernier, je manquais d’énergie et je me limitais à trois entraînements par semaine. J’avais recommencé la course à zéro, avec un programme pour débutant en décembre, pour progressivement me rendre à l’entraînement d’un demi-marathon. Pour cette course-ci, j’étais déjà capable d’un certain kilométrage hebdomadaire. Je dois dire aussi que l’été fut bénéfique pour mon énergie: comme je suis enseignante, je ne travaille pas pour plusieurs semaines en juillet et en août. J’ai augmenté à 4 entraînements de course par semaine et je suis allée au yoga chaud minimum deux fois par semaine et j’ai re-la-xé!!!

Ce que j’aimerais que vous reteniez de mon texte, c’est que chaque compétition a ses défis. Ses défis, au pluriel! Identifier différents objectifs: bien courir les côtes, garder une bonne foulée, faire attention à son patron de course, garder des pensées positives, etc. Ainsi, il vous sera difficile de ne pas «réussir» votre compétition. L’expression le dit: «Vise la lune, si tu ne l’atteins pas, tu seras parmi les étoiles».

Et s’il s’agit de votre pire journée et que vous persistez avec un sourire,

BRAVO.

C’est tout ce qui compte.

Ce n’est rien qu’une course, après tout 😉

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