Mon deuxième 1er départ

J’ai discuté à quelques reprises de ma chirurgie qui s’est déroulée le 28 octobre dernier. On me retirait alors un fibrome utérin (tumeur non maligne) de la grosseur et du poids d’un cantaloup. C’est impressionnant à lire, mais j’ai été très chanceuse de vivre avec cette bosse avec peu d’incidences dans mon quotidien. J’ai même couru le marathon de New York en sa compagnie 😉

Il y a eu des complications lors de  mon opération. J’ai eu une hémorragie interne assez importante qui a rapidement exigé une seconde chirurgie.

Vous devinez qu’une longue convalescence a suivi. Encore aujourd’hui, je ressens les effets post-opératoire.

Je m’attendais à reprendre assez facilement la course à pied. Très optimiste, je m’étais même inscrite à un marathon pour le printemps. J’ai vite déchanté. Si vous avez lu ce texte, vous savez que la reprise fut très graduelle.

Maintenant, avec le recul, je m’aperçois que la vie m’a fait un très grand cadeau.

Un deuxième premier départ.

Un premier départ, c’est excitant: la nouveauté, l’inconnu, le mystère… Je peux maintenant vivre tout cela à nouveau!

Un deuxième premier départ, c’est  vivre l’effervescence du début, mais avec une expérience de «vétérante». Avec plusieurs années de course à pied derrière la cravate, je connais un peu mon sujet, quand même 🙂

Alors j’ai le choix. Je peux décider comment vivre mon retour.

J’ai choisi la douceur. Étonnant pour un sport demandant physiquement!

Lorsque j’ai commencé à courir pour la première fois, j’étais une machine de forme physique. Si le corps est composé à 75% d’eau, mon autre 25% était fait de muscles et d’énergie. La première fois de ma vie où j’ai passé le seuil de ma porte en souliers de course, j’ai fait 9.5 kilomètres. Bam.

Le scénario est très différent cette fois-ci. Mon corps ne suit ni ma tête ni mon coeur. Je ne vous mentirai pas: c’est frustrant. Cependant, ce serait long, longtemps si je restais juste dans ma frustration!

Il faut savoir travailler avec ce qu’on a: moins d’énergie? Vraiment moins de muscles? Il serait idiot de ma part de tenter d’imiter mes premiers débuts.

Alors, l’option de la douceur est la meilleure. Vivre avec ce que mon corps me donne.

J’aime courir vite. J’aime suer. J’aime entendre mon pouls dans mes oreilles. J’aime avoir le visage rougi et le fond de tête mouillé. Ça ne m’a pas quitté. Cependant, c’est mon souffle qui est le maître, pas le chrono. De toute façon, mes records personnels  précédents ne m’appartiennent plus. Ils sont à Marie 1.0. Cette Marie-là, elle suivait sa montre GPS au doigt et à l’oeil. Elle terminait son cours à l’Université, puis son quart de travail pour aller galoper sur le pavé,  à la tombée de la nuit.  Pas question de manquer un entraînement. Il fallait suivre le plan à la lettre.

J’explore maintenant une nouvelle facette: la course plus contemplative, plus méditative. Le but n’est plus de m’exhorter à tout prix dans un but de performance future. J’ai vécu l’aventure des records personnels, de la discipline extrême. Je m’y suis franchement amusée. Je suis seulement à une autre étape.

maisonlavande

Je me permets maintenant la liberté. Je me permets de choisir le type d’entrainement que j’ai envie de faire. J’y vais aussi avec l’énergie et la force que j’ai cette journée-là. J’ai assez d’expérience pour savoir que ça ne sert à rien de pousser plus fort que ce qu’on a. C’est de se mettre à risque pour des blessures et pour ma part, je n’ai pas envie d’investir dans un abonnement chez le physiothérapeute.

Je suis plus endurante et plus rapide que le mois dernier. C’est fascinant, parce que même en y allant avec douceur, ma petite machine s’affute quand même! Où ça me mènera? Aucune idée! C’est excitant non?

Le but? Ne pas avoir de but. J’ai commencé la course parce que c’est important pour moi de bouger quotidiennement. Ça me fait du bien et c’est une habitude bien ancrée.

Ce n’est pas un autre élément sur ma liste quotidienne de choses à faire.

Je veux pousser l’instant de bien-être au maximum. Je veux me perdre au son de mon coeur, à l’odeur de la saison, à la vue de ce que Dame Nature m’offre comme scénario et au goût de mon souffle.

Être un épicurien de la course, ça vous dit?

3 thoughts on “Mon deuxième 1er départ

  1. Je te lis et c’est exactement ce que je veux faire dorénavant … Fini pour moi les chronos, je m’entraîne pour mon premier et seul marathon TRÈS slow.. dur dur car depuis 6 ans, j’essayais toujours de me surpasser, de battre mes temps … Là c’est je RALENTI et je m’amuse … Je fais encore des côtes, des intervalles et je les fais à 100% de ce que je dois faire mais 1 min/km plus slow qu’au printemps lolll! Je cours dans le gras que je dis, pas facile car tous mes partenaires qui s’entraînent pour le marathon sont encore en mode rapide mais on s’ajuste! L’an prochain je referai des courses, des demis mais juste pour faire la distance, pu de stress pendant des semaines, juste du plaisir et on s’en fou …

    Lâche pas :O))

    1. Je te souhaite tellement de t’amuser… c’est beau un marathon, je trouve que c’est tellement géant comme accomplissement. Faut le faire, 42.2 kilomètres! Merci beaucoup pour tes encouragements xoxo

  2. 🙂 Je pense que lorsqu’on revient à la course après un arrêt du genre: on apprend à apprécier la chance que nous avons de pouvoir continuer à courir. Et tout cela, peu importe la vitesse qu’on observe sur notre montre gps!

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