Partager son temps

Les endorphines de mon dernier marathon m’ont vraiment données envie de partager mon amour de la course à pied. L’année 2016 a été physiquement difficile pour moi et dans l’attente de ma chirurgie, j’ai mis de côté mes objectifs personnels afin de peaufiner mon côté «cheerleader».

C’est ainsi que j’ai envoyé ma candidature au Coin des coureurs près de chez moi. L’hiver dernier, j’ai passé 10 semaines à entrainer un joyeux groupe qui allait courir son premier 10K. Ce fût une expérience très enrichissante pour moi, car en plus des 3 entrainements par semaine, je devais animer une conférence hebdomadaire sur un sujet divers, lié à la course à pied.

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Ensuite, au printemps dernier, j’ai accompagné mon amie Josiane dans le cadre de son premier 10K officiel. C’était lors de la course Une fille qui court, à Trois-Rivières. C’était une super course, mais les conditions climatiques étaient loin d’être au rendez-vous! C’est malheureusement sous une pluie torrentielle qu’a débuté l’événement. Dans ces moments, il faut vraiment lâcher prise et choisir de s’amuser. Une fois terminé, il y a de quoi être fier de sa course; il faut être déterminé (et un peu fou) pour courir dans ces conditions!

Pour la première moitié de la course de Josiane, je me suis mise un peu à l’arrière, lui suggérant même de ralentir afin de bien terminer sa course (éviter le fameux départ trop rapide). Pour la deuxième partie, je me suis mise un peu à l’avant, question de lui donner un rythme un peu plus soutenu. À quelques mètres de la fin, je lui ai même annoncé qu’elle allait terminer son premier 10K en moins d’une heure! Près du fil d’arrivée, c’est elle qui a décidé de se mettre en mode sprinteuse (une fusée, je vous dis) et elle a terminé cela en grand! J’étais bien fière d’elle.

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Je fais ma coquette et je vous épargne les photos de cette course, voici Josiane et moi sous un jour bien meilleur 😉

C’est une autre aventure de courir pour quelqu’un d’autre, mais je vous jure, c’est aussi grisant que ses propres records personnels!

En septembre dernier, la page Facebook du Marathon de Montréal annonçait la recherche de meneurs d’allure, affectueusement surnommés « lapins ». Être lapin, c’est de courir à une certaine allure afin de donner aux participants un rythme leur permettant de compléter leur distance dans un temps précis.  Je me suis empressée de donner mon nom et c’est ainsi que j’ai été meneuse d’allure pour le demi-marathon en 2h45, avec un rythme de 10 minutes de course, 1 minute de marche (une approche très prisée par le club de course du Coin des coureurs).

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À l’expo!

La semaine avant l’événement, je me suis entraînée à suivre le rythme particulier d’un demi en 2h45. C’était important pour moi de bien réussir afin de permettre aux participants qui me suivent de réaliser leur objectif!

Le matin de ma course, j’ai pris le métro et je me suis rendue au pont Jacques-Cartier.  J’étais super fébrile, comme à toutes mes courses. C’est très spécial d’être lapin. On me pointait du doigt, une maman expliquait à son enfant mon rôle particulier. Être aussi exposée me sortait de ma zone de confort! Rendue à mon corral, quelques personnes sont venues me rejoindre. Je crois que j’étais le dernier lapin du départ.  D’autres coureurs, curieux de mon accoutrement, m’ont plutôt demandé ce que je faisais exactement! 😉

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Mes grand talents de «selfie»!

Le départ est donné! C’est parti! Pour avoir couru deux fois le marathon de Montréal ainsi que le demi, c’est un parcours que je connais bien. Je trouve le début du trajet sur l’île Sainte-Hélène un peu long, mais l’organisation compense avec beaucoup, beaucoup d’ambiance et c’est très plat comme dénivelé.  Après quelques minutes, j’ai demandé timidement : « Ça va tout le monde?  ». Comme réponse,  j’ai eu un bon rugissement de groupe! Wow! J’ai discuté avec plein de gens, lancé des encouragements, en prenant soin de bien respecter le rythme (pace) ainsi que la règle du 10 minutes de course, 1 minute de marche. Lorsque je voyais les photographes, j’avertissais les coureurs de prendre la pose (personnellement, je n’ai jamais réussi à prendre une photo cute, alors je crois que c’est une légende urbaine que de réussir une photo de course).

Une fois sortie de l’île Ste-Hélène, mon expérience du parcours est entrée en jeu. Les côtes,  les descentes,  les choses à voir… je prenais vraiment à cœur d’encourager les participants et aussi de les conseiller le mieux possible.

Ce qui est aussi vraiment agréable d’être lapin, une fois le côté voyant de la chose passé, c’est que les spectateurs nous remarquent. Ils savent donc que nous sommes une petite gang dans la recherche d’un accomplissement précis et leurs encouragements explosent!

Mon plus grand bonheur de cette journée, c’est probablement lors du dernier tournant, de pouvoir annoncer à mes coureurs que c’était maintenant, le fameux photo finish. Que c’était le moment pour lequel ils s’étaient entraînés si fort. Que oui, ça fait mal partout et que la tête est fatiguée, mais pour ces quelques mètres, il faut y aller avec son cœur… et je les ai vus, filer de part et d’autre de moi, vers ce grand arc qui marque l’atteinte de l’objectif.

Plusieurs m’ont attendue au fil d’arrivée pour me remercier et me donner un câlin. C’est friendly des coureurs plein d’adrénaline!

Courir un demi en 2h45, c’est loin d’être facile.  Ces coureurs ferment les vagues. C’est beaucoup plus solitaire  à l’arrière! Le même parcours dure plus longtemps. C’est aussi un rythme pour bien des coureurs qui en sont à leur première expérience, ou encore, des coureurs qui sont de retour suite à une blessure. À tous ceux avec qui j’ai eu l’honneur de partager ces kilomètres, bravo! Vous êtes très courageux et j’ai vraiment apprécié votre esprit de camaraderie. Vous êtes des vrais de vrais, ne laissez jamais personne vous dire le contraire! ❤

Voilà comment, en 2016, j’ai appris à diversifier mes objectifs. Faire profiter de son expérience, c’est très enrichissant pour les autres, mais surtout pour soi! J’ai appris à ne plus chercher des records personnels à chaque course. Il y a des jours meilleurs que d’autres, et je ne me casse pas la tête avec cela. Je suis plutôt une coureuse solo et c’est facile de tomber dans une bulle « plus vite, toujours plus vite ». Mes rôles d’instructrice et de lapine m’ont surtout rendue heureuse d’avoir la chance de parcourir tous ces kilomètres. J’ai partagé mon temps, au lieu de toujours chercher à améliorer mes chronos. C’est définitivement ce que je prescrirais à tous les coureurs fatigués, démotivés ou de retour d’une blessure!

Et vous? Il vous est arrivé d’avoir des objectifs un peu hors normes?

One thought on “Partager son temps

  1. moi je carbure aux objectifs depuis bientôt 6 ans, cette année c’est un autre sorte d’objectif, ralentir et augmenter mes distances oufff de oufff que c’est difficile car j’adoreee voir d’année en année ma progression en vitesse après un travail ardu :O)))

    J’ai la chance d’avoir mon lapin personnel (mon mari) qui m’aide à réaliser mes objectifs! J’ai aussi la chance d’être lapin à mon tour pour des amies, ça aussi ça apporte autre chose et j’adore! Moi je suis une fille de groupe, j’adorais ça quand je donnais mes cours, je me gardais ma tempo du dimanche dans ma bulle mais sinon c’était avec les copains-copines … Encore ajd, rare sont les courses que je fais seule, on cours, on jase et quand c’est le temps de faire les côtes-intervalles on se lâche le temps du travail et on fini ensemble! c’est mon social en même temps que je me fais du bien hihihi!

    Bonne journée Bella 😀

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